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21 mars 2008

Tant qu'il y aura des printemps...

Oui, je sais... j’aurais pu vous écrire avant. Mais c’est toujours la même chose. Pourquoi faire aujourd’hui ce que l’on peut remettre à demain, voire même : pourquoi faire demain ce que l’on peut remettre à après-demain ? Et puis comme d’habitude, je suis timide ;-) j’hésite, je n’ose pas m’introduire... dans votre boite à mails... Peur de vous embêter, de vous importuner, et peut-être aussi, peur de vous paraître vain et inutile...

C’est pourtant pas les sujets qui manquent ! J’aurais pu vous écrire pour vous parler des élections, vous savez bien que c’est une des manies du tracteur... mais j’ai pensé qu’il n’y avait là que considérations locales (apparemment ce ne fut pas le cas...) alors que le Tr@cT a une audience nationale !!! ;-)) J’aurais pu vous parler de Sarkozy, pour changer un peu... Histoire de faire un bilan, un an après... Mais j’ai pensé que chacun pouvait bien le faire, ce bilan, avec toute l’objectivité qui nous caractérise  ;-))) J’aurais pu aussi vous parler de mon beau voyage au Brésil l’été dernier, puisque je vous avais promis des photos et ne vous ai envoyé qu’un petit bout d’Amazonie pour vous souhaiter un bon bout d’an (comme on dit ici dans le sud...). J’aurais pu vous parler de ces films, de ces pièces de théâtre, de ces expos, de ces livres, de ces disques, de ces oeuvres qui continuent de baliser mes semaines, mais l’une chasse l’autre, et à peine ai-je envie de vous causer de “ceci” qu’un “cela” vient m’en distraire... Voilà comment, finalement, je ne vous ai rien écrit.

J’aurais pu aussi, plus anecdotiquement, vous raconter comment j’ai encore cru vous avoir perdu, début septembre, à cause d’un disque dur bourré jusqu’à la gueule et qui a refusé de redémarrer... Oh la peur ! Sans rire ! Vous perdre aurait été une vraie douleur, je m’en suis vraiment rendu compte (ça fait deux fois que ça m’arrive : la première fois mon ordi avait été foudroyé par un orage d’été, je vous l’ai raconté fin 2006...). Drôle de sensation devant un disque dur qualifié de “mort”, une mémoire devenue inaccessible... brrr... heureusement, j’avais aussi une mémoire externe dans laquelle j’avais eu la bonne idée de sauvegarder vos précieuses adresses... C’est drôle tout de même, toutes ces extensions de notre cerveau... Drôle de fil, aussi, qui nous lie, drôle de besoin de savoir que je peux, quand je veux, vous proposer de lire mes petites bafouilles électroniques...  Quand je veux, dis-je, alors justement, pourquoi aujourd’hui et pas plus tôt ? A cause des fleurs. Tout simplement.

A cause des fleurs. Des arbres en fleurs. Des talus en fleurs. De ma pelouse en fleurs. Des jeunes filles en fleurs ;-)))) Bref, à cause du printemps (et je sais bien qu’il vaudrait mieux dire “grâce” mais je ne sais pas si pour vous la réception de ce Tr@cT sans ambition politique, sans alibi pédagogique ni vertu philosophique... vous gâchera la journée ou éclairera quelques-unes de vos précieuse minutes...).
 
Ce soir, pourtant, à l’heure où je vous écris (au milieu de la nuit, comme d’hab), il fait plûtot gla-gla, même dans notre Provence chérie... N’empêche, c’est bien le printemps. Les arbres en fleurs, ça fait déjà une ou deux semaines qu’ils ont réjoui ma vue et mon esprit. Je connais même pas leurs noms (en arbres et en plantes je suis nul... ah, misère intellectuelle et trahison de mes racines pour un fils de paysan...) : amandiers, muriers, cerisiers ...?  Mais leur nom, au fond, je m’en fous : ils ont fleuri, c’est tout. Des fleurs blanches ou roses, d’autres mauves. Des fleurs fragiles, dont on sent bien qu’elles sont là pour peu de temps, juste pour nous dire que c’est le printemps, juste pour nous dire, au fond, qu’il ne faut pas désespérer...

Parce que, tout de même, avouons-le, c’est pas folichon folichon tous les jours, n’est-ce pas... Je ne vous raconterai pas quelques événements tragiques survenus cet hiver.  Accidents divers qui soudain vous ramènent en pleine poire la fragilité extrême de
l’existence, bifurcations brutales des routes de la vie, chaos d’un destin qui déraille. De cela aussi j’aurais pu vous parler... Mais à quoi bon : chacun a ses exemples je suppose. Et pas qu’individuellement. Collectivement, c’est pas brillant non plus. J’aurais pu vous parler du monde qui tourne pas rond, mais pour quoi faire : chacun le sait bien...

Alors voilà, je préfère vous parler des fleurs. C’est comme ça, c’est dans ma nature (et c’est dans la nature...). En tout cas, à mes yeux, c’est l’info la plus importante du moment. Les marguerites dans le gazon qui redémarre, une hirondelle sur un fil (oui oui, ça existe encore !!), et la lumière par-dessus tout ça. C’est le printemps, et je ne m’en remets pas.
C’est le printemps, et j’adore ça. Cette saison a sur moi de drôles d’effets : sur vous aussi, je suppose... Mon enthousiasme instinctif devient carrément de l’euphorie. Je m’entends dire “youpi” tout seul en conduisant, je souris dans la rue,  je marche en esquissant des pas de danse et je chante sous le soleil (oui, je sais, je suis pas Fred Astaire ni Gene Kelly... mais j’ai le droit d’être content ! )... Je fais le chien fou, je roucoule comme une colombe, je ronronne comme un matou et volette comme un papillon...  Drôle de bestiaire à moi tout seul !

Ce sera tout pour aujourd’hui. Tant de mois sans un mot et puis tout à coup tant de mots pour dire ça ? C’est pas sérieux, monsieur le tracteur ! J’m’en fous !  Le printemps est arrivé, vive le printemps (à dire sur un air de Michel Fugain...). Ca repart pour un tour. C’est la chenille qui redémarre. C’est la danse des canards. C’est la fin du cafard. Y a d’la joie, partout y a d’la joie. Flower power is back again ! Peu de choses en somme. Rien que du très normal. Le cycle des saisons. Et pourtant, et pourtant... Tant de raisons de désespérer... mais il suffit  d’un printemps, parfois, pour faire croire que tout recommence. Et je sais bien que je suis fou d’y croire. “Rien de nouveau sous le soleil”. “On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve”. Vous pouvez me sortir toutes les phrases que vous voulez, les citations les plus définitives, pour me dire que rien ne change ou que rien n’est jamais pareil... Rien n’y fait. J’m’en fous, je vous dis ! Rien d’autre n’est plus important, aujourd’hui, que cet arbre en fleurs . Il ne me console pas de la dureté du monde et de l’injustice du destin, mais il me rappelle mon devoir, ici et maintenant : ne pas désespérer... tant qu’il y aura des printemps...

04 mai 2007

Un nouveau parti !



J’espère que ceux qui ont voté Bayrou (et peut-être aussi les autres...) ne l’oublieront pas  lors des législatives à venir... La fuite des députés UDF vers le chef de bande UMP est une raison de plus pour le soutenir... Dans quelques jours, naissance d’un nouveau parti : le Mouvement Démocrate. A suivre...

Barbecue

“ Lui (Sarkozy) confier le pouvoir,
c’est comme organiser une barbecue partie
en plein été dans l’Estérel ”

  Jacques Chirac (cité par le magazine Marianne )
      
C’était juste pour dire que moi, à ma barbecue partie en Provence,  j’inviterai pas Sarkozy...




Socrate et Sarkozy...

Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne ! Lors de sa parution, j’avais lu “Le pouvoir et la vie” de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin. Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.
Michel Onfray, relatant sur son blog sa rencontre avec Sarkozy... l’intégralité du texte à lire ici

23 avril 2007

Post electum...

Post electum electeur tristum...
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(résumé des épisodes précédents pour ceux qui prendraient le train en marche : le tracteur (alias Yves Gerbal) a fait campagne pour François Bayrou, et s’en est longuement expliqué... voir sur ce blog...)


1) D’abord, bien sûr, un peu de tristesse. Quand on s’investit dans la diffusion d’une opinion, quand on se démène un minimum pour essayer d’être convaincant, on est forcément déçu de voir que ce que l’on a défendu n’est pas totalement validé par le résultat des élections. Alors, oui, je le dis, j’y ai cru. Et alors ? Ce n’était pas ridicule. Je crois que ce n’était pas honteux. Oui, j’ai cru qu’il se passerait quelque chose de neuf, j’ai cru que quelque chose me permettrait d’espérer une vraie rénovation de la vie politique, en tout cas du “paysage” politique comme on dit... A la place de cela, c’est reparti pour un tour... Tournez manège !


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11 avril 2007

Petite bafouille...

Petite lettre à ceux que les derniers TracTs ont énervé...
mais aussi à tous les autres...
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Chers tractés,
En cette période décisive (voilà qu’il va nous la jouer lyrique maintenant...), je me permets de venir encore une fois rendre visite à votre boite à mails.
Je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont manifesté leur opinion (par mail ou de vive voix) à la suite de ces tracts ouvertement engagés dans une réflexion sur les élections à venir. Oui, je vous remercie, parce que cela prouve que la politique vous tient à coeur (et au portefeuille aussi, parfois...), et puis parce que, je l’avoue, ça fait toujours plaisir de recevoir un petit signe venu souvent d’expéditeurs inconnus avec lesquels le seul lien est cette bafouille électronique...


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20 mars 2007

Le tracteur for President

Résumé des épisodes précédents : Sarko et Ségo sont sur un bateau. Tous les deux tombent à l’eau. Qui reste-t-il ?

 Il s’agit donc, dans le troisième temps de cette sorte de dissertation tractée, d’aborder la partie la plus difficile, celle de la synthèse. Alors, en route, labourons ensemble ! Semons des opinions, et nous verrons bien ce que nous récolterons au proche printemps... Evidemment, beaucoup m’ont vu venir, avec mes gros sabots (décidément, j’use beaucoup du lexique rural, même le plus anachronique) : je m’en vais vous suggérer de voter François Bayrou... Autant vous le confirmer tout de suite, ce qui permettra à ceux auxquels cela paraît aberrant, inconcevable, ou carrément con, d’interrompre tout de suite la lecture de cette 3ème lettre consacrée aux présidentielles et de retourner garder leurs moutons de droite ou leurs moutons de gauche...

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16 mars 2007

Cogito Sego sum ?

Comme toujours je rechigne à envoyer trop vite un texte qui risque d’être mal compris. C’est terrible cette peur de déplaire... Trop d’égo, évidemment... Je devrais depuis longtemps avoir dépassé ce genre de réticence, mais en matière de causerie politique je reste souvent craintif sous mes apparences dégagées ( à la Desproges... sans son talent). Pourtant qu’ai-je donc à perdre que (rarement) l’amitié de quelques-uns, et à gagner sinon l’incompréhension de quelques autres et (le plus souvent) l’indifférence polie de la plupart... Je redoute néanmoins la réaction des tractés, proches ou lointains, avec lesquels j’entretiens décidément une relation toujours ambiguë : désir impénitent de communiquer, crainte plus ou moins assumée de décevoir... Je devrais m’en ficher, mais je reste encore trop timide (si si...). C’est dire le poids de la censure que nous impose notamment notre appartenance à un milieu socio-culturel, avec tout ce que cela représente de codes, de langages, de rites ...

 

 

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13 mars 2007

Vade retro Sarko !



 “ Tu vas tout de même pas voter pour Sarkozy ???!!! ”  m’assena-t-elle devant la machine à café, limite vindicative, voire menaçante... Tout ça parce que je venais de lui dire que la veille j’avais regardé Nicolas Sarkozy à la télé pendant près de 3 heures et que, prises les unes après les autres, je ne trouvais rien de fondamental à redire à ses propositions. Et que de plus, autant l’avouer, je l’avais franchement trouvé très bon à l’oral, notamment par rapport à une Ségolène ânonnante qui m’endort dès qu’elle parle... Bon, je sais, une présidentielle n’est pas un concours, mais il se trouve que j’aime bien les orateurs doués (mais bon, ça va, je suis lucide : Hitler aussi était très doué, et Staline aussi, comme Le Pen ou Bernard Tapie...). Bref, j’expliquais simplement que je ne m’étais pas du tout ennuyé, et que je reconnaissais à ce candidat une volonté de ne jamais éluder les questions. Houuuuuuuuuu là là... Que n’avais-je dit là  ? Le bûcher n’était pas loin. Je sentais déjà le roussi. Mon procès avait été vite expédié, comme il se doit en ce cas là. Qui me jugeait ainsi ? Une enseignante sans souci, plutôt du bon côté du manche, belle vie et gentil mari, consommatrice de culture et de belles choses, pas vraiment à la peine, et mère d’une charmante enfant scolarisée dans l’enseignement privé, évidemment... Cela ne lui enlevait pas le droit de me tancer, mais je crois que j’aurais mieux accepté un tel ton (pas thon du tout, elle...) de la part d’un quidam à la vie dure, je veux dire un peu plus dans la mouise socialement, qui aurait eu quelque raison de s’emporter avec vigueur sans chercher de démonstration au-delà de l’exclamation.

 

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07 janvier 2007

Fragments d'un discours (sur la) politique...


1) Qu’est-ce que (que devrait-être ?) la politique ? C’est chercher comment ça pourrait aller mieux pour le plus grand nombre de personnes (la collectivité), sans pour autant aliéner chaque membre de cette collectivité (l'individu). Autrement dit : concilier le cercle (l’individu, la famille, le petit groupe), et le carré (la société, les lois, les grands groupes). La politique, c’est la quadrature du cercle…

2)
A-t-on raison de penser en termes de collectivité ou est-ce illusoire ? Quelle place tient chaque individu dans ce groupe ?
Au nom de quoi ? Dans quel but ? Qui compose cette collectivité ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Des lois ? Des coutumes ? Une culture ? Une morale ? Des valeurs ? Que partagent ceux qui composent cette collectivité ? Une langue ? Un territoire ? Une histoire ? Des mythes ? 

3) Quelle question fondamentale se pose-t-on avant de voter ?  Je ne peux m'empêcher de me demander : est-ce que ça irait mieux avec (par exemple) la gauche  ? Mais est-ce que ça irait mieux pour qui ?   La question n’est-elle pas le plus souvent : est-ce que ça irait mieux... pour moi ? Donc, si je suis riche, je fais en sorte de pouvoir rester riche, et je vote pour ceux qui vont m'aider à rester riche (voire plus). Si je suis pauvre, je fais en sorte de pouvoir devenir moins pauvre et je vote pour ceux qui me promettent que je pourrai être moins pauvre. Si je suis fonctionnaire, je fais en sorte de garder mes avantages de fonctionnaire. Si je suis patron je fais en sorte de pouvoir continuer à faire des affaires et du profit. Si je pense que je vis dans un environnement de merde, je vote pour celui qui me croit et pas pour celui qui me fait croire que ça sent la rose. Si je n’ai pas d’interêt individuel et que je vis dans un environnement globalement favorable je peux me permettre d’avoir de belles convictions ... Logique. Humain, très humain, trop humain (comme dirait l’autre…). Chacun voit (ou veut) midi à sa porte. Sommes-nous condamnés à  cette somme d'égoïsmes ? Que faire de cette addition ? Une élection ? Est-ce bien raisonnable ?

4) La politique est un dosage d’idéalisme et de positivisme, entre idéologie (comment je voudrais que le réel soit ) et pragmatisme (comment le réel est). La gauche, en général, aime le subjonctif, le mode du virtuel, du possible non accompli. La droite, en général, préfère l’indicatif, le mode du réel, de ce qui s’accomplit. On ne peut se passer ni de l’un ni de l’autre. On peut reprocher à l’indicatif d’être trop ancré au réel. Mais on ne peut pas non plus parler toujours au subjonctif...

5) Le capitalisme c'est " chacun pour soi et que le meilleur gagne " et le communisme c'est " un pour tous, tous pour un, et nous gagnerons tous ". C'est vrai, les Mousquetaires sont plus sympathiques. Mais la vie est-elle un roman ?

6) Comment faire pour que ça aille mieux ? Faut-il être "antilibéral" ?  Mais “antilibéral”, ça veut dire quoi ? Je n’ai toujours pas compris ce que peut-être un gouvernement “antilibéral”. En toute logique son programme devrait être :  nationalisation de toutes les entreprises (pour ne plus dépendre des patrons), planification de l'économie (pour ne plus subir les lois du marché), collectivisation de l'agriculture (pour nourrir tout le monde, et sans OGM). Il me semble que ça me rappelle quelque chose...

7) Le capitalisme met l'argent au centre de tout, fait de l'échange (monétaire) la valeur ultime, le capitalisme est sauvage donc cruel, le capitalisme est un monstre, un truc envahissant qui se glisse partout, un virus... Le communisme (ou équivalent) est un refus du réel, c'est un animal doux, agréable à voir derrière des barreaux, qui se transforme en ogre dès qu'il s'échappe de sa cage... On est mal barrés...

8) On n’a pas trouvé mieux que le libéralisme pour créer de la richesse. Mais créer des richesses c’est créer des inégalités.
Faut-il alors renoncer à créer des richesses ? Vivre dans un pays riche n’est pas toujours facile. Mais vivre dans un pays pauvre n’a pas l’air simple non plus... 

9) Il y a beaucoup plus de pauvres que de riches, et pourtant ils ne sont pas les plus forts. Parce que les riches ont les armes (de persuasion...), et le pouvoir (même s’ils ne sont pas au pouvoir). Mais aussi parce que quand un pauvre prend le pouvoir, il prend très vite des habitudes de riche.

10) Alors, vive l’anarchie ? Le pouvoir de personne, c’est le pouvoir livré au plus fort. Chaque " vacance " du pouvoir est chaos. Les anarchistes qui croient que sans pouvoir ça irait mieux sont aussi dangereux que les ultra-libéraux qui veulent que les Etats soient faibles pour pouvoir faire ce qu’ils veulent…
Faut-il supprimer toute sorte d'autorité ? OK. On le fait. Allez zou, tout le monde fait ce qu'il veut, et ça roule. Qu'est-ce qui se passe ? Tiens, merde, les plus faibles se font tabasser. Que fait la police ? Il n'y a plus de police puisqu'il n'y a plus de pouvoir. Tiens, ce mec se fait tuer. Que fait la justice ? Il n'y a plus de justice puisqu'il n'y a plus de pouvoir. Il n'y a plus de loi, il n'y a donc que la loi de la jungle. Tiens, c'est bizarre, ça ressemble au capitalisme...

11)  Pour éviter de croire que nous avons (en France) les pires hommes politiques, ou que nous vivons dans une société absolument liberticide, il suffit de voyager un peu, et pas forcément très loin... A nos “tous pourris”, préférons-nous les Etats totalement corrompus, ou bien la terreur intégriste, ou les chefaillons ethniques et leurs sbires à kalachnikov ? Finalement, on est pas mal en France : on peut même y crier, pour faire son intéressant, “Elections pièges à cons”, pendant que partout dans le monde d’autres luttent et meurent pour obtenir le droit de voter. On peut même s’y moquer de tous les hommes politiques. Par contre on ne peut pas toujours se moquer de toutes les religions. Cherchez l’erreur.

12) Qui a vraiment le pouvoir ? Le politique, l’économique, le médiatique, le religieux, les francs-maçons, les trafiquants de drogue, la mafia, Georges Bush, Eros, les terroristes, Dieu, les multinationales, Thanatos, mon patron, ma femme...? Si l’on considère que les politiques n’ont aujourd’hui plus de pouvoir, comment se fait-il que l’on se préocccupe tout de même de leurs discours ? S’ils n’ont plus de pouvoir, faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? A qui profite cette faiblesse du politique ?

13) La fonction du pouvoir est d’éviter au plus faible d’être livré aux caprices du plus fort. Mais comment faire pour éviter d’être livré aux caprices du pouvoir ? « Si l'État est fort, il nous écrase, s'il est faible, nous périssons »  Paul Valéry

14) Pour faire de la politique il suffit généralement d’une formule, d’un slogan. Un nom+ un adjectif. Quelques exemples : la force tranquille (81), la fracture sociale (95), la rupture tranquille (2007 ? ), l’ordre juste(2007 ? )... La politique ressemble de plus en plus à la publicité. Peu de mots, beaucoup d’images. Mais ceux qui critiquent les politiques ont aussi leurs mots-clés ou leurs rimes qui se substituent à la pensée. Un exemple : autoritarisme, Sarko-facho...
La syntaxe est simple, elle aussi. Chaque phrase doit commencer par "La vérité c'est que...”. Ceux qui sont dans l’opposition réclament toujours une "vraie" politique, de "vraies" mesures... sans savoir ce que c'est mais en sachant ce que ce n'est pas (ce que dit l'autre, celui du camp d'en face).

15) Il est facile de dire qu’une pensée de parti n'est qu'une partie de pensée. Mais c’est malheureusement vrai, et pas  seulement pour les militants. C’est vrai pour tout le monde. Qui est véritablement libre de dire ce qu’il pense ? Qui est capable de penser en dehors (au-delà) de son clan, de sa caste, de sa corporation, de sa tribu (sociale, culturelle) ? Qui a le courage de dire que ses pairs ont peut-être tort ? Un test : essayer d’imaginer à l’avance ce que va dire l’un ou l’autre.  Quels sont les discours inattendus, discordants, en “rupture” avec la pensée de parti, d’appareil, de groupe de pression, ou avec “l’opinion publique”... Il faudrait faire de la politique comme on fait du spiritisme : esprit libre, es-tu là ?...

16) Que penserais-je de la vie si j'étais né dans une banlieue pourrie (par exemple) ? Si j’étais noir ou arabe et vivant en France (par exemple) ? Est-on condamné à penser comme là où l’on est né (néné?) avec ce que l’on est quand on naît (nez cantonais?) ? La vie m’a fait des cadeaux. Dois-je cracher dessus ? Si je suis nanti, dois-je me taire ? Je me suis seulement donné la peine de naître (comme me le reprocherait Figaro)... Mais que ferais-je également si j’étais patron d’une petite entreprise, voire d’une grande ? Que ferait Besancenot s’il était Ministre ?  Laguiller si elle était Présidente ? A sa place, tu ferais quoi : voilà un autre test intéressant, mais à condition de jouer tous les rôles. Je serais le voleur et tu serais le gendarme. D’ac ! mais après on change.

17) Peut-on penser en dehors de sa classe ?  Si oui, comment ? Si c’est non il faut admettre la lutte des classes (air connu) et rentrer dans le lard de ceux d’en face. Trêve de bla-bla : vive les Brigades Rouges ! Mais que se passe-t-il si on change de classe ? Se remet-on à tirer sur ceux d’en face, nos amis d’hier ? Ou bien, peut-on abolir les classes sociales pour en finir avec cette guerre ? J’attends vos propositions. Pas celles de Marx :  je les connais déjà.

18) On peut reprocher à toutes les sortes de “candidats” d’être trop intéressés par le résultat de la  course, mais les courses politiques ne sont pas les Jeux Olympiques de Coubertin : l’important n’est pas seulement de participer. Il y a deux types de candidats : ceux qui veulent gagner (et auxquels on reproche de vouloir gagner), et ceux qui seraient bien embêtés de gagner (mais qui disent du mal de ceux qui veulent gagner). D’ailleurs, aux Jeux Olympiques aussi, il y a longtemps qu’il ne s’agit plus seulement de participer...

19) La démocratie ? On connaît le mot de Churchill : " La démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres". La démocratie risque de mourir de démocratie. Elle porte en soi les germes de sa ruine. L’obsession (légitime) de la liberté individuelle ou communautaire  débouche sur une incapacité à vivre ensemble. Dans Rhinocéros (Ionesco), un personnage dit “et si ça lui fait plaisir de devenir rhinocéros ? ”. Il vient un jour où cet argument, associé à son exploitation par le marché ou par l’idéologie, devient tout puissant... On ne peut rien lui opposer. Aujourd’hui la démocratie est écartelées entre la folie individualiste (récupérée par le consumérisme) et l’hystérie communautariste (récupérée par l’intégrisme). On lui reproche de rogner les libertés individuelles, et pendant ce temps ces mêmes libertés sapent le pouvoir démocratique...

20) La beauté de la démocratie est dans la voix donnée au peuple. Mais le peuple a-t-il toujours raison ?  Si demain une majorité du peuple élit un président extrêmiste, faudra-t-il aussi penser que le peuple a raison ? On loue toujours la sagesse du peuple quand le peuple vote comme nous.

21) Elections : puisqu’il faut plaire à une “majorité”, comment la démocratie ne serait-elle pas condamnée à n’être plus qu’une autre version de la course à l’audimat, surtout quand le pouvoir principal de conviction est entre les mains d’un média ultrapuissant (la télévision), quand la rhétorique essentielle est celle de l’image, et quand le seul tableau de bord est celui des sondages d’opinion ?
22) Il se pourrait qu’une des lois de la politique (française ?) soit la suivante : plus on propose des réformes nécessaires, plus on est impopulaire, plus on est impopulaire moins on a de chances d’être réélu. Il faut donc choisir : faire ce qui est nécessaire ou vouloir être élu. Il faudrait toujours élire le plus impopulaire : il y a des chances alors que quelque chose change.

23) L’échange est une des données fondamentales des sociétés humaines. Deux tribus se rencontrent : on ne fait pas l’amour tout de suite. Soit on fait la guerre, soit on fait du commerce. On peut regretter l’évolution des formes de cet échange en guerre économique, ou que la guerre soit un commerce, mais on ne peut pas empêcher les hommes de faire des affaires... L’échange culturel vient plus tard, et l’exogamie aussi.  L’espèce humaine a paraît-il évolué : hélas, nous ne sommes plus des bonobos...
 
24) Alors faut-il nier l'argent ? Faut-il arrêter toute sorte de commerce ? Préfère-t-on le troc ?  La pénurie ? Le marché noir ?Comment financer les services publics si on ne crée plus de richesses ?  Les Chinois ont tout compris : communiste pour l’idéologie, libéral pour les affaires. Le top.

25)
On peut penser que le commerce, comme la propriété, c’est du vol (merci Proudhon, merci Rousseau), mais les hommes sont-ils prêts à renoncer à toute forme de propriété et à toute forme de commerce ?  Si on pense que non, on est forcément “libéral”, ce qui signifie simplement que l’on prend acte de la réalité d’un besoin intangible des sociétés humaines.
Les anti-libéraux et les ultra-libéraux ont un point commun : ils déforment cette réalité. Les uns parce qu’ils ne la voient pas. Les autres parce qu’ils ne voient qu’elle.

26) La politique est-elle incompatible avec les bons sentiments ? Oui. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas avoir de sentiments.

27)  On a le droit de préférer l’utopie à la réalité. Mais il est malhonnête de faire croire que l’utopie peut être la réalité. Quand ont veut forcer le réel à ressembler à une utopie, ça se termine toujours très mal. Au mieux c’est inefficace. Au pire c’est meurtrier. Et ce n’est pas que de la littérature...

28)
Qu'y a-t-il de plus important pour essayer d'assurer le bien-être du plus grand nombre ? La justice. Mais comment faire pour que la justice soit juste une justice juste  ?

29) Il faudrait être gouverné par des saints. Mais souvent ceux que l’on prend pour des anges finissent par faire les bêtes.  Finalement, je préfère me contenter d’un homme (ou d’une femme). On peut néanmoins exiger qu’ils nous montrent un bout  d’auréole... même carrée...

30) En politique aussi, il faut peut-être chercher la voie du milieu. Bouddha ferait-il un bon Président ?

Conclusion provisoire :  faut-il en déduire que tout se vaut, que rien ne vaut, que tous se valent, ou qu’ils ne valent rien ? Nenni. Chaque choix, quel qu’il soit, engage. En politique aussi je crois à l’effet papillon. Alors, que chacun vole à sa manière. Le Tr@cT n’est qu’un battement d’ailes...