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17 septembre 2016

Chroniques du néo Moyen-Âge... (suite)

Chroniques du néo Moyen-Âge... (suite)
 
Il suffit de rappeler que les hommes ont préféré écouter Moïse, Jésus, Mahomet, que (par exemple) Socrate, Giordano Bruno, Spinoza... pour désespérer de cette espèce crédule et cruelle et ne pas croire une seconde à un "progrès" de l'humanité (autre que "progrès technique").
 
Petit rappel historique ci-dessous. Toute ressemblance avec notre époque (Salman Rushdie, Charlie hebdo, vêtements dits "impudiques" pour la jeunesse, place accordée à la femme... etc...) n'est pas fortuite mais malheureusement "logique"... Avec l'influence plus ou moins visible ou insidieuse du religieux (en l'occurrence en particulier islamique) dans nos sociétés nous sommes déjà entrés dans le néo Moyen-Age... et pouvons déjà écrire l'histoire des martyrs de la libre pensée condamnés par l'obscurantisme fanatique. Rien ne change...
 
Le procès de Socrate a eu lieu en -399. Socrate, accusé de corruption de la jeunesse, de négation des dieux ancestraux et d'introduction de divinités nouvelles, est condamné à mort par le tribunal de l'Héliée, à Athènes. Plusieurs amis de Socrate offrent de le défendre, mais il refuse leurs offres.
 
Giordano Bruno, né en janvier 1548 à Nola en Italie et mort le 17 février 1600 à Rome, est un ancien frère dominicain et philosophe. Sur la base des travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cues, il développe la théorie de l'héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable d'astres et de mondes identiques au nôtre. Accusé formellement d'athéisme (confondu avec son panthéisme) et d'hérésie par l'Inquisition, d'après ses écrits jugés blasphématoires (où il proclame en outre que Jésus-Christ n'est pas Dieu mais un simple « mage habile ») il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétractation qu'il paraissait d'abord accepter puis qu'il rejetait.
 
Le 27 juillet 1656, Baruch Spinoza est frappé par un herem, terme que l'on peut traduire par excommunication, qui le maudit pour cause d'hérésie de façon particulièrement violente et, chose rare, définitive. Peu de temps auparavant, un homme aurait même tenté de le poignarder ; blessé, il aurait conservé le manteau troué par la lame, pour se rappeler que la passion religieuse mène à la folie.

 

01 septembre 2016

Néo Moyen-Âge

Bienvenue au néo Moyen-Âge... 

(extrait, étape de travail)

 1. Le virus religieux. Tous prophètes.

 Est-ce qu'on a le droit de dire que Moïse, Jésus et Mahomet, étaient des illuminés ? Des psychotiques ? Comme le furent aussi tant de dictateurs fous ou de gourous allumés ?

Est-ce qu’on a le droit de dire qu’une religion est une secte qui a réussi ?

Est-ce qu'on a le droit de regretter que l'humanité soit à ce point naïve et servile qu'elle fonde des civilisations entières sur trois mâles qui ont prétendu parler avec Dieu, recevoir ses ordres (transformés en « lois »), voire être son fils. Rien que ça ! 

Est-ce qu’on a le droit de dire que les religions sont non seulement "l’opium du peuple" mais l’élément le plus viral du grand corps malade de notre humanité ?

Est-ce qu'on a le droit de regretter (parfois) que ces trois là soient nés ?

Est-ce qu'on a le droit de dire que la Bible et le Coran sont des livres parmi tous les autres et qu’ils s'inscrivent parmi des millions d'autres livres écrits dans l'histoire de l’humanité. Ce qui ne veut pas dire que tous ces mots ou tous ces préceptes se valent mais que ceux-là ne sont qu’une proposition dans une bibliothèque infinie où chacun peut faire son choix et ses synthèses, si possible sans déranger les autres lecteurs.

Est-ce qu'on a le droit de dire que l'on préfère le culte des livres à la religion du Livre ?

Est-ce qu’on a le droit de dire que l’on est sidéré que des milliers d’années d'évolution de notre "espèce" n'aient pas éradiqué la manie de chercher un « Dieu » introuvable (par définition) et de lui faire dire n’importe quoi, et de se trucider les uns les autres parce qu’on ne pratique pas tout à fait les mêmes rituels issus de ces soi-disant « paroles divines ».

Est-ce qu’on a le droit de trouver dingue que des miliiers d’années d’évolution de l’homo sapiens n’aient pas convaincu l’homme de la stupidité de rites et de coutumes prétendument dictés par ce Dieu introuvable (donc indiscutable par définition). Stupidité d'autant plus grande que le même Dieu (pourtant unique par définition) semble avoir dicté des règles différentes selon les groupes humains...

Est-ce qu’on a le droit de regretter d'autres civilisations, peut-être un peu moins bêtes, qui s’inventaient des dieux multiples à leur image, c’est à dire avec plein de défauts, et qui ont inventé la philosophie, c’est à dire la capacité à penser par soi-même tout en se fondant sur des expériences vécues et des dialogues ouverts ? 

Est-ce qu'on a le droit de dire que l’on peut avoir une morale sans avoir de dieu ? Et même surtout parce que Dieu s’absente (par définition). Si Dieu n’est pas là, tout est permis, donc nous sommes totalement responsables de nos actes, et notre existence engage celle des autres.

Est-ce qu’on a le droit de croire (si on veut) en une puissance supérieure (qu’on appellerait Dieu ou Zébulon ou spaghetti volant ou grand horloger ou Zeus,  comme ça nous chante) mais sans aucun porte-parole, c’est à dire aucun prophète, quel qu’il soit, quoi qu’il dise. Ou (mieux encore) croire en un dieu simplement perçu "en direct", par une certaine relation au vivant et au non-vivant, au physique et au métaphysique, au sensible et à l’émotionnel, un dieu qui serait présence vague, intangible, perception singulière, intuition, état de grâce… Un « dieu » avec lequel on pourrait croire communiquer (« prier » si on veut le dire ainsi) si ça nous aide à se sentir mieux et à aimer les autres. On appellerait cela la spiritualité et on le vivrait sans JAMAIS faire chier les autres avec nos croyances-expériences ! 

Est-ce qu’on a le droit de dire que les religions, toutes les religions, en tout cas dans leur forme répandue, commune, triviale, ont un problème avec le corps, avec la sexualité, avec la femme ?

Est-ce qu’on a le droit de dire que le progrès de l’humanité peut se mesurer à la capacité des humains de générer de l’harmonie (en soi, entre humains, avec la nature) et que les religions n’ont jamais suscité que des communautarismes et des clivages ?

Est-ce qu’on a le droit de reconnaître que les religions étaient peut-être une étape nécessaire dans l’organisation sociale des tribus humaines mais qu’il est temps de se donner d’autres moyens de « vivre ensemble » (c’est à dire une politique). Nous avons toujours besoin de sacré, d’art, d’irrationnel, de rêve ? Nous avons besoin de donner du sens à la vie ? Ni Dieu ni Maître pour cela. Nous avons peur de la mort ? Nous avons les philosophies pour cela. C'est peu, mais c'est notre boite à outils humaine. Bricolons modestement, si possible sans déranger nos voisins. 

Est-ce qu’on a le droit de dire que nous sommes  tous prophètes ? Car nous pouvons (et devons) tous écrire l’avenir. Le nôtre, et celui de la communauté humaine... C’est peut-être en cela que réside le sens que nous cherchons avidement : signification et direction. Nous n’aurons jamais dit notre dernier mot.

 

“Le grand tournant de l'histoire sera le moment où l'homme prendra conscience que le seul Dieu de l'homme est l'homme lui-même.” Ludwig Feuerbach  L'essence du christianisme (1841)

 

Yves Gerbal, 1er septembre 2016.

05 décembre 2015

Le Tr@cT n°47

Le Tr@cT n°47

5 décembre 2015

 « La justice sans la force est impuissante : la force sans la justice est tyrannique »

Pascal, pensée n°298.

 Je suis chaque jour qui passe un peu plus halluciné par la naïveté de notre démocratie face au prosélytisme islamiste... Et j'avoue ne pas comprendre... Je n’ai d’ailleurs jamais compris la forme de tolérance dont on nous a rebattu les oreilles pendant des décennies, en tout cas telle qu’elle s’est exercée en France depuis (disons) 40 ans. Je crois que le mot a souvent fait office de cache-misère idéologique, dissimulant une incapacité à penser la relation à l'altérité et le fameux « vivre-ensemble » autrement que comme une philosophie passive fondée sur une lecture anachronique d’un humanisme mal digéré... Je ne regrette absolument pas d'avoir alerté, à ma modeste place, à ma façon, et depuis longtemps (2003 exactement) sur ce danger de prosélytisme religieux, au risque de paraître... intolérant.

 J'ai toujours pensé par exemple que le fameux slogan "Touche pas à mon pote" qui a fait office d'étendard à toute une génération, était une absurdité dans les termes, quelle que soit sa générosité en soi. Si mon pote est un tueur, je fais quoi ? On voit bien, tous les jours, l’usage qu’on peut faire de cette « fraternité » (de l’omerta basique à la justification de tout) détournée de tout jugement de valeur. Le fait qu'il soit, au choix, mon pote, mon copain, mon frère, mon camarade, mon concitoyen, mon coreligionnaire... ne devrait, démocratiquement, rien changer à l'affaire. C’est « Touche pas » qu’il faut dire, au sens «Ne fais pas violence », « Ne fais pas à autrui ce que tu ne supporterais pas pour toi-même ». Que autrui soit "mon pote" n'a, dans une République, pas plus de valeur que n’être pas « mon pote ». Si mon frère lui-même est dangereux pour la société, hors la loi, son statut de "frère" ne doit rien y changer. La justice doit passer. Et pas forcément par une décapitation… comme le font ceux qui eux, n’ont précisément que ce slogan « Touche pas à mon frère (musulman, ou soi-disant) » pour justifier leur « combat ». La démocratie ne doit pas se fonder sur cette valorisation du « pote », qu’il soit familial, amical, politique, religieux, clanique, social, et elle doit placer chacun devant les mêmes responsabilités, les mêmes devoirs. Egalité de tous devant la loi. « Touche pas à mon pote » c’était finalement une autre version du slogan le plus absurde de mai 68 : il est interdit d’interdire.

 Je préfère un autre slogan de mai 68 qui n'est pas, c’est vrai, très "tolérant" : PAS DE LIBERTE POUR LES ENNEMIS DE LA LIBERTE. Pas très démocratique, hein ? En fait, c'est à l’origine un aphorisme de St Just, le révolutionnaire, ressorti des oubliettes par les romantiques étudiants sur les barricades du quartier latin. Un autre type de terrorisme ? Peut-être. Ce terrorisme là on a bien fini par l'intégrer dans notre histoire de France... Nous avons même historiquement admis qu’il fallait peut-être passer par une forme d’intolérance (jusqu’à la décapitation… du roi) pour préserver des valeurs plus hautes que celle-ci et permettre à la liberté de s’exercer. Erreur historique ? Il serait trop long d’en discuter ici. Et l’urgence est ailleurs. Mais on peut au moins faire l’hypothèse que la tolérance est peut être parfois un ennemi de la liberté. Comment être libre si j’accepte (je supporte) que l’on puisse faire n’importe quel usage (jusqu’à l’intolérable) de cette liberté dont je fais le fondement d’un régime politique ?

Tolérer c'est supporter (étymologie latine), c'est subir sans déformation (en physique). Il faudrait donc tolérer une « version » de religion elle-même intolérante ? On fait la chasse aux sectes et on a tranquillement laissé se développer une secte très efficace dont le cheval de Troie a été cette "tolérance" démocratique grâce à laquelle cette déformation religieuse hier nommée « intégrisme », aujourd’hui appelée « radicalisation », a tranquillement (sans efforts, sans résistance, grâce à la tolérance) pénétré la cité pour en saper les valeurs et les fondements, pour s'attaquer, fondamentalement, à une CULTURE.

 Parenthèse… Jusqu'aux attentats de novembre, parler de "choc culturel" cela paraissait insupportable et  "intolérant"... Depuis un mois, chacun reconnaît que cette internationale du crime (au nom de Dieu puisque c'est pratique, on peut lui faire dire n’importe quoi) vise directement une CULTURE. IL a fallu qu'on s'attaque à des "jeunes gens" qui "boivent des coups" et "écoutent de la musique" pour accepter enfin de formuler l'évidence. Oui, c'est bien un choc CULTUREL. Car qu’on ne me parle plus de nature humaine ! L’humanisme a eu besoin de postuler cette hypothèse. Ce fut un temps nécessaire pour la pensée. La nature de l’homme est sa nature animale. Tout est culturel. Et ça ne date pas du Bataclan, bordel ! Je reste, là-aussi, sidéré par la candeur de ceux qui ont toujours pensé qu'il suffisait que les cultures cohabitent pour qu'elles se fassent des mamours. Faut-il tolérer la culture de mon pote si cette culture ne supporte pas  la mienne ? Personnellement, je dis non. Simplement. Et stigmatisation mon cul. Je sais, bêtement peut-être, que je ne veux pas abandonner ce qui fonde cette CULTURE, cette culture qui n'est ni mieux ni pire qu’une autre mais qui est la mienne, qui est l’élément central de mon identité, de ma construction humaine. Si une autre culture, une autre construction identitaire, se révèle incompatible avec les valeurs communes de la démocratie, alors (au moins provisoirement) je ne dois pas la « tolérer ».

Mais c’est un sujet qui mérite d’être traité plus longuement, il faudra en reparler… La démocratie c’est aussi, d’abord, le débat, le logos

 Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On admet qu’il faut repenser cette notion de « tolérance ». On en parle, on accepte (on tolère ?) de voir les choses autrement qu’avec nos œillères d’une démocratie débordée de tous les côtés et dépassée par ses propres faiblesses. On lui donne un sens « actif », on la réinvente, et on ne la réduit pas à cette « passivité » à laquelle nous sommes trop souvent habitués. On définit une MORALE qui ne se réduise pas à cette valorisation d’une « tolérance » dont on a perçu les limites, et dans tous les domaines. Y a du boulot. Il y faut du courage. Ou bien on constate les dégâts... y compris dans les urnes... hélas...

 Yves Gerbal

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04 novembre 2015

Chez Musset

Le patron de Chez Picone , la célèbre pizzeria de la Canebière, ne verra jamais le Lorenzaccio mis en scène par Catherine Marnas : il travaille à l’heure du spectacle. Et puis de toute façon je l’ai entendu dire à deux clientes, apprenant qu’elles allaient au Gymnase : « Lorenzaccio ? C’est chiant ». Je suppose donc qu’il restera quoi qu’il arrive, campé sur ses préjugés, près de son four à bois plutôt que de se risquer à voir et entendre cette version de la célèbre pièce de Musset. Je le plains. Il ne connaîtra jamais ce genre de plaisir artistique et d’émotion esthétique que l’on ressent devant un grand moment de théâtre. Et ici, quel moment ! Quelle réussite !

La relecture et le remontage des dialogues resserre le texte et densifie l’action dramatique sans jamais trahir l’original. Huit comédiens seulement en scène ! C’est une prouesse, mais jamais au détriment de l’essentiel, c’est à dire l’intensité du drame individuel et collectif que représente la pitoyable histoire du sublime Lorenzo.

Catherine Marnas a tout compris. Son texte d’intention le laissait présager. Sa mise en scène le confirme. On pouvait redouter les écueils d’une contemporanéité qui aime jouer avec les corps nus et l’ambiance sex drugs and rock and roll parce que le théâtre actuel aime bien se donner des airs de débauché. On y a droit, en effet, sauf qu’ici c’est bien une histoire de débauche et de dérive, celle du pur Lorenzo qui se sacrifie en vain en voulant libérer le peuple d’un tyran. Le meurtre accompli ne suffit pas. Rien ne change. Le vice colle à la peau. Les idéalistes sont lâches. Les réalistes sont opportunistes. « J’ai vu les hommes tels qu’ils sont » dit Lorenzo, qui méprise le grand bavardage de ces « hommes sans bras». La modernité festive, ses excès, ses musiques et ses lumières, ses transgressions hédonistes, ses addictions, constituent donc bien le décor idéal pour cette histoire sombre où rien, finalement, ne semble pouvoir sauver une humanité confrontée toujours à ses mêmes démons.

Il y a dans cette « adaptation » de la pièce par Catherine Marnas des moments d’une incroyable puissance émotionnelle. Musset, bien sûr, y est pour beaucoup. Ses mots s’inscrivent dans notre époque d’une très troublante manière. Le grand pivot de la scène, le dialogue central entre Lorenzo le désabusé et Philippe Strozzi l’intellectuel, est un pur joyau pour lequel il faut féliciter Vincent Dissez et Franck Manzoni (qui par ailleurs assure trois autres rôles !). Les autres comédiens sont tous remarquables dont la troublante marquise Cibo (Bénédicte Simon) et le cynique Cardinal, incarnation du pur politicien venimeux, joué ici par Frédéric Constant. Quant au Duc, que l’on a coutume d’imaginer plus imposant physiquement, c’est un subtil et fragile Julien Duval qui l’incarne au plein sens du terme.

Si vous n’avez jamais vu Lorenzaccio, n’ayez aucun préjugé et courez au Gymnase. Si vous avez déjà vu d’autres mises en scène, courez aussi : celle-ci fera date par son intelligence et sa justesse.

Avant le spectacle, allez manger une pizza chez Picone : elles sont absolument délicieuses. Profitez-en pour dire au patron à quel point ce Lorenzaccio, ce n’est pas « chiant » du tout : c’est au contraire fascinant. Et tant pis pour lui s’il ne veut pas vous croire. Chez Musset, on se régale aussi.                     

Yves Gerbal

Lorenzaccio, mise en scène Catherine Marnas, théâtre du Gymnase, Marseille.

Mercredi 4 novembre à 19h.

5-6 novembre à 20h30.

Samedi 7 à 17h.

Tel : 08 2013 2013.

01:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

02 octobre 2015

Emma, Clara, et moi...

 

Bovary, c'est moi... disait Flaubert en une formule célébrissime le reliant à son héroïne. Clara Le Picard s'empare de l'emblématique roman et s'interroge : Bovary, c'est aussi Clara ? On a tous en nous quelque chose de Bovary... et peut-être aussi de Virginia (Wolf)... Mais pour le prouver, la miss Picard a besoin de pouvoir monter son spectacle. Elle feint de nous en montrer l'ébauche sur une table-scène qui est sur la scène (et nous aussi, situation inversée et renversante derrière le rideau, adossés aux coulisses et témoins amusés de la promotion d'un spectacle qui fait appel à contributions : vive Kiss Kiss Bank Bank !). Le tout avec des  comédiens play-mobil et une vraie maman actrice. Vous n'avez pas tout compris ? C'est normal. Faut aller voir. Clara a concocté un drôle de bricolage théâtral où on passe de Flaubert à Edgar Morin, d'un piano à un stroboscope, où l'on disserte aussi bien sur le rêve romantique que sur les neurones miroirs, sur un film d'Hitchkok que sur le capitalisme... Clara est-elle finalement une Bovary elle aussi ? Il faudrait lire dans son petit carnet. En attendant elle nous fait chanter debouts sur la scène,  et maman est au balcon. Vous n'avez toujours rien compris ? Tant mieux : vous serez encore plus surpris. N'hésitez pas : Bovary, c'est vous aussi...

 

 

"All Bovarys'" de et par Clara Le Picard (avec Françoise Lebrun). 

Théatre du Gymnase, jusqu'au 4 octobre.

Festival Actoral (entrée Canebière, ancien Tacussel). 

00:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

16 septembre 2015

C'est nouveau !

La catégorie "THEATRE" arrive sur ce blog ! Elle recevra mes chroniques concernant des pièces de théâtre ou autres spectacles vivants...

Viendront aussi éventuellement bientôt sur ce blog des catégories "CINEMA",  "EXPOS", etc...

Le blog a pour intérêt de permettre d'être réactif et immédiatement consultable, notamment dans le cas de spectacles qui ne sont pas programmés sur une longue durée.Il permet aussi un archivage permanent des chroniques antérieures.

Au moment de transférer ainsi mes propos critiques sur mon blog, et de "basculer" totalement sur le Net, je remercie les médias de presse écrite qui m'ont permis, depuis 1991 (eh oui...) de communiquer mes enthousiasmes ou autres humeurs à propos des diverses activités culturelles à Marseille et sa région. 

Merci donc en particulier à TAKTIK (remember...) et à Fred Khan.  Merci à La MARSEILLAISE (et à Laetizia Dannery, Denis Bonneville, Antoine Pattefoz)...  Ils m'ont aidé à légitimer mon activité de critique et de passeur... 

Merci aussi à tou(tes) les attaché(e)s (attachantes) de presse et autres chargés de com qui m'ont fait confiance en m'invitant dans les lieux dont ils ont  la charge ... J'espère pouvoir continuer à collaborer, même de manière épisodique, avec toutes les structures culturelles de la région pour porter un regard sincère et motivé sur les spectacles qu'ils proposent  et permettre si possible de faire venir le plus de public possible...

Je ferai sur le web ce que j'ai toujours fait en presse écrite : je resterai totalement libre et indépendant. C'est le gage de ma sincérité critique. Je ne prétendrai jamais délivrer une vérité, mais seulement un certain point  de vue, raisonné et argumenté. Les centaines  d'articles écrits depuis bientôt 25 ans ont, je l'espère, permis de comprendre un peu la façon dont je conçois cette activité de chroniqueur culturel.

A bientôt.

12:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

10 octobre 2014

Fable

Le bobo et le prolo

 Le bobo ayant parlé,

Pendant des années,

Se trouva fort dépourvu

Quand la guerre fut venue :

Pas un seul petit morceau

De phrase ou quelques  bons mots,

Pas même un trait d’esprit

Ou habile plaisanterie

Pour parer au plus pressé.

Plus moyen de se planquer

Derrière de belles idées,

Même à Saint-Germain des Près.

Il alla chercher de l’aide

Chez le prolo qui n’était plus son voisin,

Depuis longtemps,

Le priant de le protéger

Contre les sauvages

Qui avaient envahi la cité,

Et contre les barbares

Qui n’allaient pas tarder.

« Je vous paierai, disait-il,

J’ai les moyens,

Et au mois d’août je vous inviterai

Dans ma maison en Provence

Où souffle le mistral

Et chantent les cigales.

Je vous le promets, c’est normal,

Je suis de gauche moi aussi,

Nous  sommes donc amis. »

Le prolo n’est pas idiot :

Il a de la mémoire.

« Que faisiez-vous en temps de paix ?

Dit-il à ce rigolo.

_  Je causais,

Je décidais ce qu’il fallait penser.

Je nommais les gentils, les méchants,

Qu’ils soient petits ou qu’ils soient grands,

Personne n’échappait

A ma fureur de juger.

J’étais content et sûr de moi,

Sans souci de fin de mois.

Du fond de mon canapé,

Dans ma tanière des beaux quartiers,

Je m’offusquais d’une soi-disant insécurité.

Je défendais les faibles, surtout les étrangers,

Faisant bien sûr l’éloge de toutes les mixités

(Après avoir mis mes enfants dans le privé

Car faut tout de même pas déconner).

Je relativisais

Quand cela m’arrangeait,

Et si j’étais gêné

Par la réalité,

Il suffisait d’un geste

Pour retourner ma veste,

Toujours du bon côté.

Causeur professionnel

J’occupais les médias

Autant que je pouvais.

Je pérorais, je bien-pensais.

Je fustigeais les mots «  identité, autorité »,

Je répétais « amalgames, stigmatisations »,

Et j’aimais bien aussi « nauséabond »

Pour dispenser à foison

Les brevets de mauvaises opinions.

J’avais pour compagnons

Le gentil Aymeric Caron 

Et le brave Jean-Luc Mélanchon.

Je signais plein de pétitions,

Ne loupais aucune manifestation.

J’étais généreux dans mes idées

Mais je gardais un œil avisé

Sur mon porte-monnaie,

Pour partir voyager,

M’ébahir devant la diversité

De notre joli monde,

De notre terre ronde.

Bref, nuit et jour, à tout venant,

Je parlais. Cela vous déplaît ? 

_ Vous parliez ? Ça me fait une belle jambe,

Mais je vous en remercie,

Parce que je reste poli.

Vous parliez ? Tout a empiré.

Vous parliez ? Je ne vous écoute plus

Depuis belle lurette, heureusement.

Vous parliez ?

Eh bien, dégagez maintenant !

Ou agissez, rapidement… »

 

YG

10 octobre 2014

 

 

 

 

 

 

 

24 décembre 2010

Le Tr@cT n° 46

 Le Tr@cT n°46
Je sème à tout mail ...
24 décembre 2010
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" Si les points  de suspension  pouvaient  parler, ils pourraient  en dire des choses et des choses ! "  (Pierre Dac)

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J’aurais peut-être dû vous écrire plus tôt... C’est vrai, c’est pas très raisonnable d’attendre un an pour vous proposer une nouvelle missive électronique, l’une de ces e-lettres très irrégulomadaires expédiées depuis... 10 ans ! Oui oui : 10 ans ! Ou presque... Très exactement depuis le 5 janvier 2000, quand l’une de mes résolutions à l’orée du millénaire fut d’utiliser le mail comme un petit media à destination d’une mailing-list (ah, les anglicismes...) un peu conséquente. Faut comprendre : faire un site restait compliqué, les blogs balbutiaient, et le fondateur de facebook n’était encore qu’un ado boutonneux qui se prenait des rateaux avec les filles et n’était pas encore allé se consoler en imaginant un site trombinoscope à Harvard... Le mail apparaissait comme un nouveau support intéressant pour s’adresser à un groupe de destinataires, d’autant qu’on pouvait piquer ici ou là des adresses en pagaille...  10 ans, donc,  et malgré une périodicité très surprenante, passant  parfois de l’hebdomadaire en période politiquement épique  au  bi-annuel en période basse de déprime d’opinion, malgré cette aléatoire et déroutante intermittence, cela a fait 45 numéros tout de même ! Sans compter les nombreux “spéciaux” non comptabilisés et les cartes postales en été et les vœux en janvier... Ça peut paraître peu à certains lecteurs boulimiques ou à des écriverons prolifiques, et vous pourriez vous demander (oui oui allez-y, demandez-vous !) quelle est la raison de tels intervalles entre deux Tr@cT (s)...

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25 décembre 2009

Le Tr@cT n°45

Mailons nous les uns les autres ...
24 décembre 2009
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“ Allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté”
Antonio Gramsci
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J’aurais voulu...
C’est Noël... Pas vraiment un scoop, mais faisons au moins semblant de croire que c’est une bonne nouvelle...  Et souvenons-nous que depuis que des rois et magiciens sont venus se prosterner dans une étable aux pieds d’un bébé qui deviendra célèbre, et lui faire quelques offrandes parfumées au fin fond d’un pays qui fera souvent l’info... depuis ce jour, qui n’était évidemment pas un 25 décembre, il est de bon ton de s’offrir des cadeaux. Enfin, je crois. A vrai dire, je n’ai pas fait de recherches sur l’origine de la tradition. Mais ce que je sais, c’est que des cadeaux, il s’en fait. Des quantités, des listes, des chariots, des coffres, des hottes, des cheminées entières... La tradition, ça a du bon... pour le commerce. Cela dit, faire des cadeaux peut être aussi un acte de générosité, une forme de fraternité... peut-être... mais on peut pas toujours faire les cadeaux qu’on voudrait...

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03 avril 2009

Le Tr@cT n° 44


Le Tr@cT n°44
Mailons nous les uns les autres ...
30 mars  2009
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“ Les mots sont des planches jetées sur un abîme, avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée...”
Paul Valéry

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Enfoncer le clou...
C’est bien joli, la poésie, mais ça sert à rien. Franchement, il vaut bien mieux planter des choux. Ou casser des cailloux. Ou chercher des poux. Ou chasser les hiboux. Ou démonter des joujoux. Ou fabriquer des bijoux. Ou se laver les genoux... Ou bien, encore, planter des clous...

Dans les années 60, Claude François (oui, le même que pour  “Alexandrie” et “Le lundi au soleil”...) chantait “Si j’avais un marteau”... Et bien moi j’ai un marteau, mais c’est à peine si je sais planter un clou...

Quelle misère...  Ça sert à rien un poète. Et si demain, comme je le prévois, c’est encore le Déluge, j’aurai du mal à construire mon Arche, et pas même une petite barque pour sauver my family et mes amis. Non, nothing. Aucune idée de comment il faut s’y prendre. Toutes ces années de vie, et toujours incapable de bricoler le moindre petit bout de planche... Quelle honte...

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