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04 mars 2018

Un jeûne de 7 jours, ou l'histoire des trois petites figues...

D'abord pourquoi jeûner ?

Petit défi personnel. Envie de "voir". Expérience. Besoin d'un "détox". Sentiment intime que ça ne peut que faire du bien. Incsription du jeûne dans une démarche plus générale de recherche d'un "bien être" (lieu commun, je sais…). Et puis Mister P. a aussi ses raisons...mais il ne veut pas en parler ici...

 


Contexte personnel :

J'ai souvent "sauté" un repas voire deux d'affilée.

Je n'ai jamais eu de problème avec ça. D'une manière générale, s'il y a manger je mange, sinon je m'en passe. A une époque très occupée  j'oubliais même de manger ! Donc ,je ne suis pas tout à fait novice en matière de "restriction". Mais par ailleurs quand il y a de la bouffe, je peux être assez goinfre ! Et bien sûr je suis gourmand. Je ne me suis jamais privé de rien. Je n'hésite pas à grignoter. Je ne suis pas végétarien même si je peux me passer de viande pendant un temps assez long. Je mange vraiment de tout (y compris à l'étranger).

Je n'ai jamais eu de problème de poids (ou bien dois-je dire : j'ai toujours très attentivement surveillé mon poids ?). Données de départ : 1m80-72,5kg

 

Type de jeûne : je pense que je dois parler ici d'un jeune "partiel" ou "modifié", voire d'une "diète". Chacun appréciera et donnera le nom qu'il veut.  Le "vrai" jeune n'ingurgite, parait-il, que de l'eau. Pour autant, j'ai tout de même bien eu l'impression d'un changement important de "régime" en n'ingurgitant rien de "solide"… C'est déjà une expérience qui, si elle n'est pas radicale, est tout de même très intéressante...

 Ce que je me suis autorisé : eau (minérale), tisanes, jus de fruits (matin et midi), soupe de légumes (soir), une boisson "vitalité" (vitaminée). Deux chocolats (boisson) aussi, dans un bar.

Surtout : ni alcool, ni café.

Et puis j'avoue : quelques chips (bio) à l'apéro le J1 et J2 et J6 pour répondre à la tentation "plaisir". Des Tic Tac, des pastilles Vichy à sucer… C'était peut-être déjà beaucoup trop pour un "jeûne" mais j'ai préféré me donner toute chance de réussir ce premier essai, et me motiver pour d'autres fois peut-être plus "radicales". Chacun, je pense, doit le faire à sa manière, à son "rythme", comme il le "sent"…. Je n'ai fait aucune surveillance médicale.

 Précision : semaine de vacances, seul à la maison (donc personne qui mange), aucune contrainte.

Deux rdvous avec des copains au restau. (lundi, mercredi). Heureusement ds un snack où la patronne me connaît et je peux justifier mon "non-manger" (menu : jus de fruit-tisane). Un peu tenté par quelques frites puis ça passe très vite, happé par la conversation.

Voici donc mon petit journal quotidien de cette expérience...

 J 1 : Lundi matin : 72,5 kg

Rien à signaler. J'ai souvent jeûné un jour, donc, rien de particulier.

Je ne m'aperçois de rien.

Trois petites figues sont sur le plan de la cuisine…

J 2 : Mardi :

Rien de spécial. Le soir, plaisir de la soupe, très appréciée, mais sans précipitation.

Franchement pas tiraillé par la faim. Limite aucun ressenti.

J'avais lu : "C'est pas l'estomac qui réclame à manger, c'est la tête" La formule me paraît très juste !!!

Cela dit, rétrospectivement, je pense que c'est ce jour 2 qui a été le plus dur.

Tentations de grignotage (chocolat, saucisson ds le frigo, biscuits, et les trois petites figues).

Il vaut mieux ne rien avoir dans le frigo, tout de même...

J3 : Mercredi matin 71,5 kg

En forme intellectuellement et physiquement (mais j'ai prévu de pas faire de sport ni activité physique intense). Aucune douleur ventre. Selles "normales"… Beaucoup d'urine, évidemment, très claire.

Un peu de télé le soir (sport). Avant de me coucher, à la cuisne, je salue les trois petites figues...

J4 : Jeudi matin : 70,5 kg

Il me semble que je suis moins "tenté" par la nourriture.

Ventre allégé. Abdos plus faciles à "tendre" et à « voir »… ;-)

Peau du visage plus hâlée (ou je fantasme ?).

Dents plus claires (idem?).

J'ai envie d'une séance de méditation le soir, mais… j'oublie.

En revanche je lis encore beaucoup ! Et je conseille vivement d'associer jeûne et lecture. Par chance j'adore ces bouquins (Homo Deus de Harivi et un livre sur le Tantra par Ocho).

Le soir, passage rituel devant les trois petites figues...

J5 : vendredi matin 70,8 kg

Rien à signaler. Pas d'impression de faiblesse ni de manque.

Je ne pense pas vraiment à manger. Curieusement, même mes verres de jus de fruits du matin, je les oublie sur la table. Je pense malgré tout à des choses que j'aime (pâtes!) et anticipe un peu la fin du régime, mais sans hâte ni "souffrance".

Par chance aussi, aujourd'hui, après la pluie, grand soleil. C'est encore mieux pour le moral ! Moral qui, par ailleurs, n'a pas "baissé"…

C'est étonnant : quand je bois un jus de fruits (raisin en l 'occurrence) j'ai vraiment l'impression de "manger"… La dimension "solide" de la nourriture a disparu… Mais bon, je pense tout de même au fromage que je viens de voir dans le frigo… Je comprends Tantale… en regardant aussi les trois petites figues...

J6 : samedi matin 70,8 kg. Je suis étonné de ne pas perdre plus de poids.

Il me semble que c’est un peu plus « dur » aujourd’hui… Est ce parce que c’est le week-end, associé à apéro et convivialité ? Je mange rien (même pas jus de fruits) à midi mais je craque vers 17h  pour quelques chips (6 !). Rebelote à 21h en revenant du cinéma (activité conseillée aussi). Soupe végétarienne. Miam ! Mais 600 gramme : j’abuse, ça ressemble plus à un jeûne cette affaire ! Je me déçois un peu… Pourtant, toujours pas de « vraiment faim ». Je pense à la « reprise » mais sans hâte. Je sais que j’aurai du plalsir à « redécouvrir » certains aliments... et à dévorer les trois petites figues...

Le soir : gorge sèche.

J7 : Dernier jour, dimanche. La balance hésite : 70,2 avant la douche, 69,9 après… Je m’inquiète. 300 grammes de crasse ou de cheveux ? Hou là ! Faisons une moyenne à 70. En tout cas, ça fait tout drôle de repasser (pour moi) en dessous la barre des 70. C’était l’un des objectifs ! Car cela me rappelle mes années « vélo » où le grimpeur que j’étais devait flirter avec 68 voire 66 kg… 70, c’est bien, c’est rond, c’est clair. Je suis content. Pleine forme, en tout cas : physique, morale, intellectuelle. Est-ce parce que c’est le dernier jour ? En tout cas, je carbure ! Alors que je devrais soi disant manquer de carburant !

Je vais faire les courses pour demain. Je me surprends à vraiment me diriger vers les jus de fruits : orange, raisin (j’adore)… Je regarde sans vraiment d’envie les autres rayons. Je m’inquiète presque d’imaginer que mon alimentation a (déjà ?) changé, même si je nai jamais été « junk food »… Je vois des quiches et j’allais en prendre une avant de me rappeler que je jeûnais encore… Pas de problème. Je passe… J’ai tout de même racheté des chips ! De quoi j’aurai vraiment envie dans les jours de reprise ? D’un plat de pâtes, bien sûr. Huile d’olive et parmesan… Ou pesto. Je serai toujours fidèle à ce carburant là qui m’a si souvent remonté le moral !!!

A midi : jus de fruits.  Gorge sèche (à cause de ça ?).

Je vais moins souvent aux toilettes mais je m'étonne, parlons cru, de produire ce soir une "crotte" de cette dimension en ne mangeant rien de solide depuis 7 jours !

Bon, après, ça fait un peu sprint final ou fin de marathon... On a tout de même envie que ça finisse.

 Mais je tiendrai jusqu'à la dernière pesée demain matin (j'ai commencé dimanche passé à minuit).

Le soir : soupe de légumes et gaspatcho... Double rtaion. C'est trop ? Anecdote révélatrice, j'oublie mon bol de gaspatcho à la cuisine et je le retrouve à 22H ! C'est dire que la faim ne me tenaille pas!

Et puis non, petites figues, je ne vous mangerai pas ce soir !

J8 :  lundi matin, 69,3kg. 

J'ai donc perdu 3,2 kg. On me dit "tu vas les reprendre". C'est possible. Pas grave. Je sais que je peux. Je me sens de fait plus "affuté". Content de revoir ce 69... qui me rappelle mes années "vélo"... Hiers soir on m'a signalé une haleine un peu chargée... ;-(

Fin. Mais toujours pas faim. Si je voulais continuer, sincèrement je pourrais... avec cette même "diète" en tout cas. 

Petit dej de reprise, partagé :  pain au chocolat et jus d'orange, café. Je vais reprendre doucement (jus de fruits à midi), mais ce soir : plat de pâtes ! Je sens que ça remue à l'intérieur. On se remet au boulot là-dedans ! Je pète ! ;-)

 

Conclusion : Dans un doc sur le jeune thérapeutique en Russie (tradition ancienne) une patiente (sportive) dit : "Si je peux jeûner, je peux tout faire »… Oui, c'est un bel exercice de volonté qui réaffirme notre autonomie et notre indépendance. Quand on le fait, c'est vrai, on a un petit sentiment de supériorité… Un peu comme aller au sommet d'une montagne. C'est un peu idiot et stérile, certes, mais ça peut donner encore plus de confiance et de sérénité, aussi… Exercer sa volonté, c'est pas mal.

Parce que cette même volonté, ensuite, on peut la mettre au service d’autres défis ou projets ! De toutes les manières. Il ne s'agit pas de s'infliger une souffrance ! L'effort vaut la peine ! Comme une randonnée, un chemin escarpé... Et les plaisirs sont encore plus grands ensuite ! Cette petite "privation" donne encore plus de goût à la nourriture retrouvée… Coup classique : partir pour apprécier le retour…

Surtout, cela nous oblige à reconsidérer cet acte majeur de "manger"… A le "repenser"…

Et puis le jeûne, c'est pratique : on fait pas à bouffer, la cuisine reste propre et rangée, on gagne du temps, et on fait des économies ! ;-)) On devrait jeûner en semaine et ripailler le week-end ! Ne pas manger chez soi et manger raffiné au restau (quand on peut…).

Le plus étonnant ce sont certaines réactions entendues  : on a impression de faire un truc exceptionnel et terrible… alors que je pense que, fondamentalement, les occidentaux disent « j’ai faim » sans savoir ce que c’est vraiment…

Bon, je recommencerai probablement. C’est très positif ! Probablement sous la forme "un jour par semaine" (ce que je fais déjà en fait, ou presque). Il y a plein de bouquins sur le sujet (c’est très tendance) mais je crois que c’est pas la peine de lire des chapitres entiers pour cet acte très simple. A chacun son jeûne ! A mon avis, et pour la plupart d‘entre nous, ça ne pose aucun problème… On dit, ou on aime dire, qu’il y a un « avant » et un « après » jeûne. Je crois que ce n’est pas exagéré. Comme chaque expérience un peu déstabilisante d’abord, comme chaque expérience un peu « forte ».  Difficile de s’arrêter, de conclure, et même de s’arrêter de jeûner… Etrange comme le corps et le mental s’adaptent et prennent d’autres « habitudes »…

Alors, vous essayez ? J’attends vos commentaires et vos expériences !

 Et les petites figues, direz-vous ? Elles sont toujours là depuis le début de la semaine et j’ai souvent été tenté de les gober. 3 petites figues, c’est rien du tout ! J’ai résisté, tranquillement, et j’en suis content aussi. Elles m’attendent… Ou peut-être même elles attendront encore… Elles sont si jolies, posées là, sur ce fond noir ! C'est presque dommage de les manger...

 Yves Gerbal, 5 mars 2018

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17:20 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

J'aime la grande dimension de liberté dans cette histoire.
Accompagnant régulièrement des jeûneurs c'est ce qui manque en général pour faire de cette pause digestive Oh combien salutaire pour notre organisme un moment pour soi totalement positif.
[Et la faible perte de poids est un signe d'excellente vitalité bravo cher professeur]

Écrit par : Anaïs | 06 mars 2018

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