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29 novembre 2020

Manifeste du progressisme

Manifeste du progressisme.

Pour un design du progrès.

« Un artiste est impliqué dans la vie, dans la réalité du monde, dans l’idée du progrès. »  

Ôlafur Eliasson, artiste et designer danois, XXIème siècle.

 « Je veux apprendre de plus en plus à voir la beauté des choses dans leur nécessité, et devenir ainsi un de ceux qui rendent les choses belles »

Nietzsche, philosophe poète allemand, XIXème siècle.

 « Une chose est ce qui convient à un homme, une chose est ce qui convient à "l’humanitas" : si un homme a soif, n’importe quelle coupe suffit ; mais "l’humanitas" exige que la coupe soit belle »

Varron, érudit et écrivain romain, 1er siècle avt JC

 

English version, click HERE

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Au XVIIème siècle le progrès était, en Europe, une idée neuve.

Au XIX et au XXème siècle le progrès était une croyance.

Aujourd’hui le progrès est souvent une désillusion, parfois une réalité effrayante, et ne fait plus rêver.

Est-on condamnés à la folie d’une civilisation techniciste qui a fait de la vitesse son nouveau dieu et de la science une nouvelle religion ?

Ou faut-il se soumettre à des idéologies régressistes qui feraient table rase de toutes les conquêtes sociales, sociétales, culturelles, intellectuelles?

Faut il se résoudre à cette lutte entre une modernité aveuglante et un archaïsme aveugle ?

Notre époque est passionnante et trouble, inquiétante et pleine d’espoirs. Elle nous impose de redéfinir le progrès pour imaginer un avenir meilleur pour l’humanité.

 Nous, designers graphiques, nous voulons contribuer à dessiner l’avenir de l’humanité, et pour cela nous devons redéfinir nos objectifs.

Nous sommes progressistes. Mais de quoi parlons nous ?


Nous ne voulons ni retour stérile en arrière ni course éperdue en avant.

Nous revendiquons le caractère utopique de notre ambition. L’utopie est un moment du possible. Nous affirmons aussi le caractère pratique de nos réalisations. Le design est une pensée appliquée.

La première étape de cette pensée est de se demander ce qu’est le progrès.

Et pour cela se demander ce qu’il n’est pas.

 Nous avons très subjectivement mis en commun nos représentations du progrès par des exemples concrets. Et nous avons commencé à faire deux listes :

 Le progrès ce n’est pas...

 La vitesse à tout prix

L’accélération sans fin et sans frein

La complication

Multiplier les déchets

Le confort passif

Les objets dénués de sens

Consommer trop

Le bruit

Faire souffrir des animaux

La publicité intrusive

 Le progrès c’est…

Ralentir

Savoir faire des pauses

La facilité d’utilisation

Réduire les déchets

Le confort actif

Les objets utiles et beaux

La sobriété heureuse

Le silence et les sons naturels

Reconsidérer la relation homme- animal

Une réglementation des espaces publicitaires

 

A chaque négation devait répondre une affirmation. Nous avons continué nos listes d’exemples…

 

Le progrès ce n’est pas / Le progrès c’est

 Boire de l’eau en bouteilles / L’eau potable pour tous

Les accidents de la route / Des véhicules autonomes et sûrs

Des rues trop bruyantes / Même en ville entendre le chant des oiseaux

Avoir peur dans la rue/ Pouvoir se déplacer partout en sécurité

Du courrier non désiré / Ne recevoir et n’envoyer que du courrier utile ou plaisant

Des murs systématiquement tagués / Des fresques murales

Le plastique / Des matériaux biodégradables

La laideur urbaine et périurbaine / Un ministère de la Beauté

Des voyages énergivores / Pas de voyage en avion de moins de 1000km

Les embouteillages / Le covoiturage institutionnalisé

Les violences sexuelles / Une véritable éducation à la sexualité

L’information en continue / Des médias intermittents et indépendants

La femme seule responsable de la fertilité/ La contraception masculine

La hantise d’un virus / Développer nos défenses immunitaires

Les somnifères / Le cannabis thérapeutique

 

Et plus nous mettions nos réflexions en commun, plus nos listes s’allongeaient…

 

Le progrès ce n’est pas / Le progrès c’est

 Les problèmes de mobilité réduite/ La prise en compte des handicaps

Manger trop de viande / Subventionner les restaurants végétariens

La malbouffe / Des cours de diététique et de cuisine à l’école

L’obsolescence programmée/ Des produits durables

Le tourisme de masse/ Des voyages éthiques

La déforestation/ La préservation des espaces naturels

Le harcèlement/ La préservation de la vie privée

Les boites vocales/ La réhumanisation des contacts sociaux

Des hôpitaux saturés/ La priorité au budget de la Santé

Les burn-out/ La méditation dans le Code du Travail

 

On nous objectera que tout cela n’entre pas directement dans le champ du design graphique ou numérique. Ces progrès sont plutôt de l’ordre du politique, de l’économique, du social, du culturel, du technique. Mais le designer progressiste considère que tout le concerne et que sa création, quelle qu’elle soit, s’inscrit dans le champ global de la société et du monde.

 De toute évidence, l’avenir ne manque pas de chantiers... Mais nous ne manquons pas d’enthousiasme.

 Plaire à tout le monde/Etre libre d’être soi

Les inégalités homme-femme/ L’égalité homme-femme

Le monde numérisé/ Le droit au réel

Des média anxiogènes/Une radio Bonnes Nouvelles

La morale du bien et du mal / Une éthique du bon et du mauvais

Le savoir confisqué/Le partage des connaissances

L’égoïsme/ Le collaboratif

La mondialisation à outrance/ L’importance du local

La neutralité/L’engagement

Le conformisme/ L’imagination

La quantité/ La qualité

La peur/La joie

Le froid réalisme/ La vie poétique

Les modes/Le style

 

Artiste et artisan, le designer est aussi, et d’abord, citoyen. Le designer progressiste garde toujours son « progressisme » en tête, ce qui n’a rien de futile puisque cela doit à tout moment orienter la forme ou le contenu de son message, de sa production, de sa création.

Le progressisme est une invitation permanente à interroger et redéfinir le progrès et à l’incarner dans la mesure du possible c’est à dire dans ses créations mais aussi, et d’abord, dans sa vie. Grand projet. La modestie n’est plus de mise quand le monde brûle. Mais petites contributions pour éteindre l’incendie. Chacun fait sa part, comme le colibri qui transporte sa goutte d’eau...

Designer le progrès c’est lui donner une forme « esthétique et fonctionnelle ».

A chacune des étapes de sa création le designer garde à l’esprit cette réflexion sur la nature du progrès qu’il induit aujourd’hui et sur sa conception du monde de demain.

Le progressisme est une idée mais une idée ce n’est pas qu’une idée. Parce qu'une simple idée peut changer le monde.

Le designer progressiste ne croit plus aux vieilles lunes idéologiques ni au soleil d’un avenir forcément radieux. A chacun de s’engager dans l’histoire de l’humanité qui est notre histoire. Le progrès n’est pas neutre. Le progrès est une action permanente. Le design progressiste est un design de combat pratiqué par un guerrier pacifique.

Seul l’humain pourra sauver l’Humain. Le design doit participer à ce  »dessein intelligent » qui peut rendre le monde sinon meilleur au moins mieux habitable et mieux vivable.

En redonnant à tout moment un sens à la notion de progrès le design progressiste redonne foi en un demain désirable. Nous, jeunes designers, nous nous engageons à donner forme et formes, dessein et dessins, à ce progrès chaque jour réinventé.

 

Les étudiants de DNMADE 2ème année St Joseph Les Maristes, année 2020-2021.

A partir d’une proposition de leur enseignant en « Humanités » : Yves Gerbal.

NOMS des étudiants : ...........................................

Nos parrains !

Olafur Eliasson (né en 1967), artiste et designer danois.

Idriss Aberkane (né en 1986), conférencier et essayiste français.

 

Ils ont été parmi nos inspirateurs :

Les manifestes artistiques célèbres ... du futurisme (Marinetti,1909), du surréalisme (Breton,1924) etc..

Le « Manifeste différentialiste » de Henri Lefebvre (Éditions Grevis).

Le « Manifeste pour une frugalité heureuse et créative » sur internet ! www.frugalite.org (2018)

Le "Manifeste convivialiste" (2013)

Les textes de William Morris (1834-1896) compilés dans « L’art et l’artisanat » et « Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre » (éditions Rivages poche).

Le texte de la conférence du philosophe Giorgio Agamben (2008) :« Qu’est-ce que le contemporain ? »

Toutes les publications de Yona Friedman et notamment « Comment habiter la terre » (L’éclat/Poche). 

Paul Virillio et ses travaux sur la vitesse.

Pierre Rhabi, sa "frugalité heureuse"  et son colibri...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19:48 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0)

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